Lors du MeetUp organisé par Hi!Paris à Station F, Roland Rathelot, chercheur au CREST, professeur d’économie à l’ENSAE Paris et chercheur affilié à Hi!Paris, est intervenu pour présenter ses travaux sur l’impact de l’intelligence artificielle sur le fonctionnement du marché du travail.
Son intervention s’inscrivait dans une conférence intitulée “How is artificial intelligence transforming work, employment, skills, and productivity?”, réunissant chercheurs et acteurs économiques autour d’une question centrale : que change réellement l’IA, aujourd’hui, dans l’emploi et l’organisation du travail ?
Comprendre ce que l’IA fait concrètement au marché du travail
Plutôt que de se concentrer sur les discours prospectifs ou les scénarios de substitution massive du travail humain, Roland Rathelot a proposé une approche ancrée dans les données et l’analyse empirique. Ses travaux s’intéressent en particulier aux frictions informationnelles sur le marché du travail : ce qui empêche les entreprises et les travailleurs de se rencontrer efficacement, malgré l’abondance d’offres, de candidatures et d’informations disponibles.
Dans ce cadre, l’intelligence artificielle apparaît moins comme un facteur de destruction d’emplois que comme un outil susceptible d’améliorer la mise en relation entre l’offre et la demande de travail. En exploitant de très larges bases de données et des algorithmes de recommandation, ses recherches analysent dans quelle mesure l’IA peut aider à mieux orienter les candidats vers des postes correspondant réellement à leurs compétences, et inversement.
Le projet ERC INASHI comme fil conducteur
Cette intervention faisait directement écho au projet ERC INASHI, porté par Roland Rathelot, qui étudie les effets des innovations technologiques sur le marché du travail à partir de données massives et d’analyses rigoureuses. L’objectif est de mesurer précisément comment les outils numériques, et en particulier les systèmes de recommandation, modifient les comportements de recherche d’emploi, les décisions de recrutement et, à plus long terme, l’allocation du travail et la productivité.
En s’appuyant sur des résultats empiriques, ses travaux permettent de dépasser les oppositions entre “IA créatrice” ou “IA destructrice” d’emplois, pour mettre en lumière des mécanismes plus fins : réduction de certaines frictions, mais aussi risques de nouveaux biais ou d’effets d’exclusion si ces outils sont mal conçus ou mal utilisés.
Une contribution au débat public sur l’IA et l’emploi
Dans un contexte de transformations rapides liées à l’IA, l’intervention de Roland Rathelot a contribué à recentrer le débat sur des enjeux mesurables et observables, utiles tant pour les chercheurs que pour les décideurs publics et les acteurs économiques. Elle a également nourri les échanges avec d’autres intervenants issus du monde académique et de l’entreprise, autour des effets de l’IA sur la productivité, les compétences et les pratiques managériales.
L’intervention de Roland Rathelot est disponible en ligne :